vendredi, 11 décembre 2009
KTO Télévision a 10 ans !

Benoît XVI bénit la chaîne, ses téléspectateurs et ses donateurs
Mercredi 9 décembre 2009, à l'occasion de l'Audience Générale, le Saint-Père a manifesté son soutien à la chaîne de télévision catholique française, l'a encouragée dans sa mission. Il a inclus dans sa bénédiction apostolique tous ceux qui la portent et la financent généreusement.

"En ce mois de décembre, la chaîne de télévision catholique française KTO célèbre son dixième anniversaire. J'encourage vivement les responsables et les collaborateurs de cette chaîne à poursuivre leurs objectifs de présentation de la diversité des engagements chrétiens dans l'Eglise et dans la société, d'accompagnement de la prière ecclésiale ainsi que de réflexion et de débat. Puissent ces programmes proposer à tous un authentique visage de la foi chrétienne et de la vie de l'Eglise en France et dans le monde ! Aux responsables, aux collaborateurs, aux bienfaiteurs et aux téléspectateurs de KTO Télévision, j'adresse une particulière Bénédiction apostolique. »
Retrouvez la vidéo intégrale de l'Audience Générale sur ktotv.com et l'extrait sur DailyMotion.
Deux journées spéciales de célébration





Et bravo et salutations à toute l'équipe dont j'entends les mérites jusqu'au Cambodge ! Disposer d'une chaîne de télévision catholique est une chance immense pour la France, un bienfait, trop rare dans le monde...
18:05 Ecrit par Etienne et Marion Loraillère, avec Simon et Rémi dans Autour de la mission d'Etienne | Lien permanent | Envoyer cette note
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mercredi, 09 décembre 2009
En terre de mission, l'Eglise a de l'avenir !
Jeudi 3 décembre, nous repartons pour une journée de reportage avec Aymeric de KTO, caméra au bras, à la suite du P. Sophal, le premier prêtre cambodgien à avoir été ordonné après la guerre.
« J'ai de la force et de l'énergie pour servir »
Découverte de la communauté de Knaekroumir à une heure de route et de piste de Battambang. Première rencontre avec l'équipe en charge de la culture des rizières du diocèse en train de battre le riz.
« Je suis pauvre. Je n'ai pas d'argent mais j'ai de la force et de l'énergie. Je la mets au service des plus pauvres » confie la chef d'équipe, elle-même soutenue autrefois par l'Eglise.
Le riz récolté sert à nourrir les malades et leurs familles lors de leurs séjours aux centres de santé, et subvient aux besoins des plus pauvres dans les villages. Pour un foyer cambodgien, on peut manquer de tout sauf de riz, base de l'alimentation. Rien ne rassure plus que d'avoir une petite réserve de riz dans la maison...
Dans l'équipe sont intégrés des jeunes paumés, des drogués. Rééducation par le travail et le service...
L'histoire du salut à Knaekroumir
Nous déambulons ensuite dans les minces allées du village. Le P. Sophal nous fait découvrir la maison d'une grand-mère. Simple maison de bois, identique à tant d'autres, mais si singulière pour la communauté. Sur le balcon sont épinglées des images de Marie et de Jésus ainsi que des trois évêques du Cambodge. C'est ici que la communauté a commencé à se rassembler.
La grand-mère Koch, sœur et voisine, nous devance de sa marche lente. Un peu plus loin, nous découvrons deux tombes, perdues en deux maisons. Mariés avant la guerre, chrétiens issus d'une autre communauté à 30km de là, les deux époux sont arrivés dans le village et ont fait naître une petite communauté balayée par les Khmers rouges. A chaque Pchhum Ben, jour de prière pour les morts, les chrétiens viennent ici en pèlerinage.
A une centaine de mètres plus loin, nous découvrons l'église actuelle, construite en 2003 grâce au soutien de l'Eglise italienne, et un bâtiment imposant pour le soutien scolaire, un foyer d'étudiants et le catéchisme. La grand-mère Koch, elle qui rêvait de voir revivre l'Eglise dans son village, récite sa prière quotidienne d'un seul cœur avec le vieux Siméon :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix selon ta parole.
Car mes yeux ont vu ton salut que tu prépares à la face des peuples.
Lumière pour éclairer les païens et gloire d'Israël ton peuple »
Déployer une résistance spirituelle et le dialogue
Dans ce village, la secte chrétienne Nazarine prêchait il y a dix ans en des termes extrêmes. Se convertir et suivre Jésus consistaient pour eux à quitter pour toujours sa famille d'origine bouddhiste et mépriser les traditions cambodgiennes. De la pagode à quelques dizaines de mètres de Nazarine, les moines incendiaient les chrétiens par haut-parleurs... Et Dieu sait si l'on sait user des décibels au Cambodge ! Autant dire que l'ambiance était délétère envers les chrétiens.
Le P. Sophal s'est attaché pendant dix ans à renouer les liens avec la pagode. Il prêche avec humilité le salut en Jésus-Christ et le respect de toutes les traditions n'étant pas en contradiction avec la foi. Il a lancé plusieurs actions de solidarité conjointement avec les moines. Très réfléchi et appliqué quand il parle de l'histoire de chacune des communautés, le prêtre explique sa vision de l'évolution de la communauté locale et sa croissance. Aujourd'hui, trente-deux familles sont catholiques. Mais jamais je n'avais ressenti aussi fortement la difficulté de devenir chrétien.
Combien de jeunes sont attirés mais n'obtiennent pas l'autorisation de leurs parents pour entrer en catéchuménat. Cette condition posée par le P. Sophal est source de souffrance et d'attente difficile, mais elle est aussi la clé du respect des familles. Il y a cette adolescente, qui ne manque pas une occasion de saluer le groupe tout en prenant soin de ne pas s'afficher publiquement avec les jeunes chrétiens.
Etonnante réaction du P. Sophal, qui se révèle tout le contraire d'un mou malgré son infinie douceur et sa discrétion. Il invite dès le départ les catéchumènes à déployer une résistance spirituelle intérieure pour affronter les animosités et les vents contraires. Plusieurs séminaristes auraient abandonnés du fait de l'opposition de leurs familles, confie-t-il.
On a beau dire : la foi va à l'encontre de biens des idéologies et des traditions spirituelles. Les beaux discours peuvent escamoter la confrontation... mais dans la vie concrète, ce sont ces jeunes chrétiens qui sont exposés et jouent leur vie. Mesure-t-on suffisamment le combat qui se joue ?
Comment ne pas penser en cet instant à l'invitation de St Paul aux Ephésiens (chap. 6, 10-18) :
« Prenez l'équipement de Dieu pour le combat ; ainsi, quand viendra le jour du malheur, vous pourrez tout mettre en œuvre pour résister et tenir debout.
Tenez donc, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice,
les pieds chaussés de l'ardeur à annoncer l'Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d'arrêter toutes les flèches enflammées du Mauvais.
Prenez le casque du salut et l'épée de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu.
En toute circonstance, que l'Esprit vous donne de prier et de supplier. Restez éveillés afin de persévérer dans la prière pour tous les fidèles."
A Snang, résurrection d'une baptisée
A 60 km de là, dans l'après-midi, nous nous arrêtons sur la piste qui conduit à Païlin et la frontière thaïlandaise. Dans ce village de Snang, assez mystérieusement, une femme d'une quarantaine d'années découvre par sa mère qu'elle a reçu le baptême avant la guerre à Battambang. Elle, qui a vécu jusque là en bouddhiste, vit cela comme un choc. Elle avait décidé de vendre sa rizière, elle la vend à l'Eglise et rencontre le P. Sophal en 2007.
Son propre frère, rongé par les dettes, demande un soutien financier à l'Eglise en échange de sa maison. Cette maison, sur le bord de la piste poussiéreuse, accueille désormais 4 heures par semaine une vingtaine d'adultes, autant de jeunes et 32 enfants pour la catéchèse.
Un feu s'est allumé dans le village. Des langues se délient. D'autres auraient également été baptisés enfant, réveillant brusquement une fidélité trop longtemps assoupie. Pour les adultes, il leur faudra la persévérance de 4 années de catéchèse enseignée par des jeunes volontaires venant d'ailleurs dans une organisation bien rôdée.
Le P. Sophal lui-même fait sa tournée, au minimum toutes les trois semaines. « Dire que je passais régulièrement dans ce village sans soupçonner l'existence de chrétiens ! » s'étonne-t-il encore. Il célèbre la liturgie de la Parole, prêche longuement et donne la communion à la seule baptisée présente.
Quel signe que de voir ces adultes, le visage buriné par le soleil, les mains calleuses des travailleurs, parents de nombreux enfants, le regard mûri déjà par la vie... Oui, ils boivent la Parole de Dieu...
Je bénis cette expérience au Cambodge, ce don de voir l'Eglise à l'œuvre pour la mission ! Les chrétiens ne représentent ici que 0,1% de la population. L'Eglise ne dispose que de peu de ressources, laminée par les Khmers rouges... Et pourtant, elle grandit et se fraie un chemin, parmi ses propres fragilités et les errements de la société cambodgienne.
Certes, ici aussi, il manque de prêtres, de religieux, religieuses ! Il manque de laïcs missionnaires ! De quoi se plaint-on en Europe, nous qui disposons encore en moyenne statistique d'1 prêtre pour 3.636 habitants ? En Asie, un prêtre doit se partager pour 52.432 habitants. Quelle grâce de découvrir l'ardeur de ces chrétiens missionnaires !
16:22 Ecrit par Etienne et Marion Loraillère, avec Simon et Rémi dans Autour de la mission d'Etienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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mardi, 08 décembre 2009
Oui, l'Eglise est bien vivante...
Après l'escapade à Singapour, retour au Cambodge pour accompagner Aymeric Colletta, JRI pour KTO Télévision. Autre pays, autres coutumes, autres modes de vie que je retrouve avec joie.
Nous avons rendez-vous avec le P. Pierre Tunlop Sophal, le premier prêtre cambodgien ordonné après la guerre en 1995 pour le diocèse de Battambang. Ils sont aujourd'hui cinq, et cinq séminaristes se préparent.
Sophal, premier prêtre ordonné après la guerre
Pendant la guerre, Sophal, catéchiste auprès des réfugiés dans les camps de Thaïlande, laisse une renommée qui atteint la France, selon le P. Ponchaud (La Cathédrale de la rizière, éditions CLD). Après deux ans au Canada, Sophal décide d'entrer au séminaire. C'est à ce moment là que Mgr Ramousse, alors évêque de Phnom Penh, fait le voyage au Canada pour l'appeler à rentrer au pays et servir l'Eglise du Cambodge.
Pour l'un des reportages de KTO (www.ktotv.com) en partenariat avec les Missions Etrangères de Paris, le choix est fait de mettre en lumière la mission d'un prêtre cambodgien. Nous retrouvons donc le P. Sophal sur la route vers Battambang pour visiter pendant deux jours plusieurs des communautés dont il est le responsable.
Fréquemment, les pères cambodgiens confient à la fois la joie d'être soutenus par de nombreux missionnaires. Et en même temps, on sent leur aspiration à déployer leurs charismes spécifiques. Qui mieux qu'un cambodgien peut annoncer l'Evangile à ses pairs ? C'est un fait, les prêtres cambodgiens ont un tact dans le contact... Mais cela demande-t-il pas du temps et un compagnonnage de plusieurs décennies pour « marcher » seul.
Eglise flottante
Et pour commencer, le village flottant de Kompong Lueng. Je retrouve cette impression paradoxale de contemplation et de dureté de la vie. Ici, probablement les plus pauvres du Cambodge, dont de nombreux vietnamiens, vivent de la pêche. Sans terre et sans amarres, ils déplacent leurs frêles maisons embarquées sur des bambous au gré du mouvement des eaux du lac Tonlé Sap. La précarité est visible, dans un cadre lacustre qui pourtant porte à l'émerveillement.
Très rejetés autrefois, les chrétiens sont devenus respectables le jour où ils ont financé la construction d'un bâtiment de l'école du village, seul bâtiment en dur. Depuis, ils obtiennent plus facilement l'autorisation de faire de petites processions en bateau lors des fêtes liturgiques ou organiser des jeux pour les enfants (courses d'embarcations, etc).
Pour le P. Sophal, c'est un grand combat pour la scolarisation. Les parents souvent s'y opposent, perdant en main d'œuvre pour la pêche... Des cours de khmer sont donnés tous les jours dans le bateau école amarré à l'église, la maîtrise de la langue khmère étant la clé pour être accepté à l'école publique.
Après quelques heures et un bon déjeuner, nous reprenons la route pour dormir à Battambang, accueillis comme des princes. Nous arrivons à la nuit, et retrouvons Bouy, un étudiant qui a achevé ses études en informatique à Phnom Penh. Son visage rayonnant m'avait alors marqué. Je découvre son histoire. Orphelin de père et de mère, recueilli par le P. Sophal, il a décidé après ses études d'offrir plusieurs mois de sa vie pour servir les communautés avec le prêtre: catéchisme, animation, petites mains pour tâches en tout genre. Après avoir appris à recevoir, il faut savoir apprendre à donner....
Au passage, le P. Sophal embarque cinq malades à l'arrière de son pick-up pour les déposer au centre de soin du diocèse. L'une d'elles viendra réveiller Aymeric à 5 heures... lui occasionnant une petite frayeur ! Elle pensait frapper à la chambre du prêtre pour savoir l'heure de la messe, traditionnellement célébrée de bon matin... Levé 6 heures pour une journée à la découverte de nouvelles communautés !
(La suite.. demain)
20:45 Ecrit par Etienne et Marion Loraillère, avec Simon et Rémi dans Autour de la mission d'Etienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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